Comprendre le principe de la bourse Erasmus+
Le programme Erasmus+ permet à un étudiant inscrit dans un établissement d’enseignement supérieur français de réaliser une période d’études ou de stage à l’étranger, au sein d’un pays partenaire du programme, tout en bénéficiant d’un soutien financier destiné à couvrir une partie des frais liés à la mobilité. Cette bourse ne se substitue pas aux autres aides existantes : elle s’ajoute, sous conditions, aux bourses sur critères sociaux et à certaines aides régionales. La demande de bourse Erasmus+ suit un circuit administratif propre à chaque établissement, mais les grandes étapes restent communes à l’ensemble des universités et écoles françaises signataires de la charte Erasmus.
Qui peut prétendre à la bourse Erasmus+
L’éligibilité à la bourse Erasmus+ repose sur plusieurs critères cumulatifs. L’étudiant doit être régulièrement inscrit dans un établissement titulaire de la charte Erasmus pour l’enseignement supérieur, et la mobilité envisagée doit s’inscrire dans un accord de partenariat existant entre cet établissement et l’établissement ou l’organisme d’accueil à l’étranger. La mobilité peut prendre la forme d’un séjour d’études classique, d’un stage en entreprise ou en organisme public, ou encore d’une combinaison des deux formats sur une même période. Le niveau d’études (licence, master, doctorat) n’est pas un frein en soi, mais certaines formations imposent des conditions de moyenne ou de validation d’année qui doivent être vérifiées auprès du service des relations internationales.
Les destinations concernées
Le programme couvre les pays membres de l’Union européenne ainsi qu’un ensemble de pays associés au programme. Des mobilités vers des pays hors Europe sont également possibles dans le cadre du volet international du programme, sous réserve d’un accord de partenariat spécifique signé par l’établissement d’origine.
Étape 1 : identifier une destination compatible avec un accord existant
La première démarche consiste à consulter la liste des accords de partenariat Erasmus+ actifs pour la formation suivie. Cette liste est généralement disponible auprès du service des relations internationales ou du référent Erasmus de la composante concernée. Il n’est pas possible de solliciter une bourse pour une destination ou un établissement d’accueil qui ne fait pas l’objet d’un accord signé, sauf procédure dérogatoire propre à certains établissements. Il est recommandé de solliciter un rendez-vous avec le référent mobilité dès le premier semestre précédant le départ envisagé, les places étant limitées et attribuées selon un calendrier fixé par chaque établissement.
Étape 2 : constituer le dossier de candidature à la mobilité
Le dossier de candidature à la mobilité, distinct de la demande de bourse proprement dite, comprend habituellement les pièces suivantes :
- Un relevé de notes des années précédentes.
- Une lettre de motivation précisant le projet académique ou professionnel lié à la mobilité.
- Un curriculum vitae actualisé.
- Un justificatif de niveau de langue lorsque l’établissement d’accueil l’exige.
- L’avis du responsable pédagogique de la formation.
Ce dossier est examiné par une commission interne à l’établissement, qui statue sur la faisabilité pédagogique de la mobilité avant toute instruction de la demande de bourse.

Étape 3 : signer l’accord d’études et la convention de subvention
Une fois la mobilité validée sur le plan pédagogique, deux documents contractuels doivent être établis. Le premier est l’accord d’études, ou learning agreement, qui liste les enseignements ou les missions de stage suivis à l’étranger et précise les modalités de reconnaissance des crédits ou de l’expérience à l’issue de la mobilité. Le second est la convention de subvention Erasmus+, signée entre l’étudiant et son établissement d’origine, qui fixe le montant de l’aide, sa durée de versement et les obligations réciproques des deux parties, notamment la fourniture d’un certificat de présence délivré par l’établissement d’accueil.
Le montant de la bourse
Le montant attribué est calculé selon un barème forfaitaire modulé en fonction du pays de destination et de la durée réelle du séjour, ce barème étant fixé chaque année par l’agence nationale en charge du programme et communiqué par l’établissement d’origine. Il ne relève pas d’un droit automatique à un montant fixe identique pour tous les étudiants, d’où l’importance de se référer au barème communiqué directement par le service des relations internationales de l’établissement concerné.
Étape 4 : le versement et le suivi administratif
Le versement de la bourse intervient généralement en deux temps : un premier versement avant le départ, sur la base de la convention signée, et un solde après le retour, conditionné à la remise du certificat de présence et, le cas échéant, d’un rapport de mobilité demandé par l’établissement ou par l’agence nationale. Toute modification de la durée du séjour, qu’il s’agisse d’un raccourcissement ou d’une prolongation, doit être signalée sans délai au service gestionnaire, car elle peut entraîner un ajustement du montant versé.
Cumul avec d’autres aides
La bourse Erasmus+ peut, dans la majorité des cas, se cumuler avec la bourse sur critères sociaux du Crous, qui continue d’être versée pendant la mobilité sous réserve du maintien de l’inscription administrative dans l’établissement d’origine. Certaines collectivités territoriales proposent également des aides complémentaires à la mobilité internationale, dont les conditions d’attribution et les montants varient d’une région à l’autre. Il revient à l’étudiant de se renseigner directement auprès du conseil régional ou départemental dont il dépend pour connaître les dispositifs en vigueur.
Calendrier et délais à anticiper
Les appels à candidature pour les mobilités Erasmus+ sont généralement ouverts plusieurs mois avant le départ, avec une échéance de dépôt de dossier fixée en amont de l’année universitaire concernée. Un départ au premier semestre suppose ainsi une candidature déposée dès l’année précédente. Les étudiants qui envisagent une mobilité doivent se rapprocher du service des relations internationales dès le début de l’année universitaire pour connaître le calendrier propre à leur établissement, celui-ci pouvant différer sensiblement d’une composante à l’autre.

Erreurs courantes à éviter
Plusieurs difficultés reviennent régulièrement dans le traitement des dossiers de mobilité. L’absence de vérification préalable de l’accord de partenariat avec l’établissement d’accueil souhaité conduit fréquemment à un refus de dossier. La signature tardive de l’accord d’études peut également retarder le premier versement de la bourse. Enfin, l’omission de signaler un changement de dates de séjour auprès du service gestionnaire expose l’étudiant à des régularisations administratives après son retour, qu’il est préférable d’anticiper en maintenant un contact régulier avec le référent mobilité tout au long du séjour.
Foire aux questions
Faut-il avoir un certain niveau de langue pour obtenir la bourse Erasmus+ ?
Le niveau de langue exigé dépend de l’établissement d’accueil et de la formation suivie. Certains accords de partenariat imposent un niveau minimal attesté par un test reconnu, tandis que d’autres se contentent d’une auto-évaluation ou d’un entretien avec le référent mobilité. Ces exigences doivent être vérifiées au cas par cas auprès du service des relations internationales.
La bourse Erasmus+ est-elle imposable ?
Le traitement fiscal de la bourse dépend de la situation individuelle de l’étudiant et de son foyer fiscal de rattachement. Il est recommandé de se rapprocher de l’administration fiscale ou du service des relations internationales de l’établissement pour connaître les modalités de déclaration applicables à sa situation.
Que se passe-t-il en cas d’interruption de la mobilité avant son terme ?
Toute interruption de la mobilité avant la date prévue dans la convention de subvention doit être signalée immédiatement à l’établissement d’origine. Selon les circonstances et la durée effectivement réalisée, un ajustement du montant de la bourse peut être appliqué, voire un remboursement partiel demandé par l’établissement.
Peut-on candidater à une mobilité Erasmus+ pour un stage en plus d’un séjour d’études ?
Certains parcours permettent de combiner une période d’études et une période de stage au sein d’une même mobilité ou lors de mobilités successives, sous réserve que chaque période fasse l’objet d’un accord d’études distinct et respecte les conditions fixées par l’établissement d’origine et par l’agence nationale du programme.
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